PALMARES ANNEE INTERNATIONALE DU SONNET

 

Ptidiscoursd’accueil

     « Bonjour à tous, merci d’avoir fait le déplacement jusqu’à L’Haÿ-les-Roses pour la 7e édition du Salon du livre et des arts. Le Verbe Poaimer, association de création poétique créée dans cette ville en 1991 avec Brigitte Moyon-Dyrek, participe à cette manifestation culturelle pour la septième année d’affilée et nous remercions les organisateurs du Salon à commencer par sa créatrice Anne d’Hervé de nous y accueillir si régulièrement. 

     Après plusieurs animations de lectures de poésie « L’Alphabet des poèmes » sur les thèmes du Salon, cette année nous sommes de retour avec le point d’orgue de l’année internationale du sonnet que le Verbe Poaimer a organisée. L’année 2014 restera aussi comme l’année du sonnet. Le nombre 14 correspond au nombre de vers de cette forme poétique remontant à la Renaissance. Nous avons reçu de L’Haÿ-les-Roses, du Val-de-Marne, de l’Île-de-France comme de la France entière et même d’Afrique des dizaines de poèmes de 14 vers, des sonnets réguliers comme des sonnets de vers libres. Nous remettrons demain dimanche à 15h15 les prix pour les jeunes de moins de 18 ans avec des coupes de poésie, des diplômes et des livres.

     Aujourd’hui il s’agit des poètes adultes. Avec cinq prix de cents euros, dans l’ordre de remise des prix Le prix Rouben Melik, le prix François Dyrek, le prix Bernard Chasse, le prix Robert Bigot et le prix Brigitte-Candice et Laurent 3D. Robert Bigot a accepté de financer le prix qui porte son nom et que nous créons pour la première fois. Les quatre autres prix sont financés par le Verbe Poaimer. Nous créons en plus et finançons un sixième prix « Meilleur ensemble francophone » après la réception d’ensembles de sonnets qui nous viennent de l’espace francophone. Chaque prix a eu un jury différent. Chaque jury est constitué de la personnalité du prix elle-même, soit de personnes en lien avec la personnalité : le poème lauréat sera lu, parfois deux poèmes en cas d’ex æquo. Gilles Dyrek, juré du prix François Dyrek avec Thierry, remettra les prix sous pli. Quant aux diplômes, ils seront remis par notre ami Thierry Sajat, juré pour le prix Robert Bigot… Nous allons écouter ce palmarès. »

     Laurent Desvoux-Dyrek

 

PALMARES ANNEE INTERNATIONALE DU SONNET

 

5 PREMIERS PRIX DU VERBE POAIMER 2014 PLUS UN

 

    Prix Rouben Melik 2014, jurée Sévane Melik, musicienne, accordéoniste avec le groupe Lavach, petite-fille de Rouben, poète de L’Haÿ dans la maison duquel elle avait enregistré un de ses disques.

 

1er prix « Aurès » de Guy Vieilfault

2e prix « Cet enfant » d’Eliane Zunino-Gerard

3e prix « Plumes de ciel » de Francis Etienne Sicard-Lundquist

4e prix « Emmaüs » de Marc Hernu

 

5e prix ex æquo :

« L’incunable d’Auch » de Marc Hernu

« Un temps sans pendule » d’Anne-Marie Verniengal-Barbier

« L’arc-en-ciel » d’Elizabeth de Courtivron

 

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Aurès

à François et Kader

 

Avoir vingt ans à peine  - Est-ce permis, ma mère ? -

Les yeux effarouchés par des soleils nouveaux

Traquer la peur têtue et, par monts et par vaux,

Forlancer, cœur toquant, la mauresque chimère.

 

Au frais de l'olivier qui vous parle d'Homère

Découvrir l'or naissant sur des blés estivaux

Où Van Gogh éclorait d'écarlates pavots,

Et s'attendrir un peu d'un bonheur éphémère.

 

A chaque petit jour  - ma mère, est-ce permis ? –

Décompter à mi-voix les noms de ses amis,

Tricolores dormeurs que le linceul entrave.

 

Oublier la nuée  - Ô mânes de Jaurès ! –

En rêvant le retour au pavois d'une étrave

Et, seul, au matin bleu mourir dans les Aurès.

                       Guy VIEILFAULT

 

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Prix François Dyrek 2014, jurés Gilles et Thierry Dyrek,

deux fils de François Dyrek

 

1er prix : « Obsédé textuel »  de Gérard Bouvier

2e prix : « La fête des mères »  d’Elizabeth de Courtivron

3e prix : « A plume qui danse »  de Charly Mathekis

4e prix : « Des rues d'or gris »  de Mathias Moronvalle

 

5e ex æquo : Florence Desvergnes, Nicolas Thibault, Philippe Guggiari,

Nicolas Koberich, Jean Fauré, Jean Benard, Claude Saint-Fort

 

Obsédé textuel

 

Un sonnet ! Rien qu’un sonnet ! Pas une épigramme

Ni virelai ni lai, ni fable ni rondeau

Surtout pas de complainte, encor moins de tombeau

Oublions le pantoum, l’ode et le calligramme.

 

Nul ne peut contester à ces chants quelque flamme

Nombreux ont des élans que je trouve fort beaux

Et quoique subjugué souvent par leurs appeaux

Toujours c’est le sonnet qui plus me ravit l’âme.

 

On me dit partisan, on me juge arbitraire,

Ubuesque tyran, hélas, que puis-je y faire ?

Rien ne me séduit tant que ces vers sonnant bien.

 

Il ne me convient pas d’estomper ce que j’aime

Et, s’il vous prend l’envie de m’offrir un poème

Ne vous fourvoyez pas : un sonnet sinon rien !

 

Gérard BOUVIER

 

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PRIX BERNARD CHASSE

POEMES SUR UN LIEU OU UNE DATE

 

Prix Bernard Chasse 2014, juré Bernard Chasse, poète

 

Voici un extrait d’un texte de présentation de Bernard Chasse :

     Les poèmes que Laurent Desvoux-Dyrek a eu la gentillesse de me faire lire sont tous très beaux

    …

     Neil Armstrong, le cosmonaute disait à propos de la Terre : « vue de l’espace elle est si petite, elle paraît si fragile que dans une guerre des étoiles elle ne pourrait se défendre ». En ces temps de guerres et de violences, nous les poètes, nautoniers d’Ecriture ou cribles d’Archétypes de beauté, c’est selon, nous tuerons la guerre et ferons naître l’amour

     Bernard CHASSE à L’Haÿ-les-Roses le 30 septembre 2014

 

1er prix ex æquo :

Georgette Chevallier « Retour (seule) sur les traces d’Augustin Meaulnes »

et Philippe Guggiari « Soirs de Chine » et « Bivouac au Lunana »

 

3e prix ex æquo : Guy Le Huludut (Chablis) et Guy Vieilfault  (Carnaval à Venise et Rêve maya) 5e prix : Eliane Zunino-Gérard (Souvenance)

 

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Retour (seule) sur les traces d’Augustin Meaulnes

 

Nouvel Olympio, j’ai tout revu ce soir :


La classe, l’escalier, les greniers, la mansarde...


Rien, non rien n’a changé, mais le guide

–Oh ! regarde - Va lire Alain-Fournier à l’aide d’un bougeoir ;

 

Dans la douce lueur, sa voix, vers le couloir

-L’entends-tu ?- sur les mots légèrement s’attarde...

Plus ému qu’en plein jour, partout on se hasarde.

Comme au temps d’Augustin, le grenier est tout noir.

 

Jamais nous n’avions vu sous pareil éclairage


Ces lieux que nous aimions. Je cherche le courage

De revoir chaque salle et d’en franchir le seuil.

 

Dedans l’ombre complice, à toi tout bas je pense,

En retrouvant ce soir l’école d’Epineuil,


Et doucement, sans bruit, je pleure ton absence.

      Georgette CHEVALLIER – Annecy

 

*

 

Soirs de Chine


A l’automne, quand tombe la nuit
Sur le grand fleuve, près de Guanji,
La brise souvent s’assoupit,
Naissent d’étranges synesthésies.


Il semble, qu’au-delà des rizières,
Soledad d’un singe en hiver,
La masse sombre d’une canonnière
Emerge des flots crépusculaires.


Sa proue, une pagode noire
Empourpre ses ors et ses ivoires
Aux feux de la fraîcheur du soir.


Et puis l’obscurité grandit,
S’estompent les paréidolies,
Seules restent les brumes du Yang-Zi.

 

*

 

Bivouac au Lunana (2e poème en extrait)


C’est l’heure du repos, la trêve vespérale.
Une épaisse couverture en laine de bharal
Malgré le froid nocturne m’offre un luxe de tiédeur.


La douce ivresse du chang et mon esprit s’enfuit.
Un zugme solitaire chante un hymne à la nuit.
Ma veille se disperse dans une quiète langueur...

 

Philippe GUGGIARI

  

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Prix Robert Bigot 2014, juré : Thierry Sajat, poète et éditeur

 

1) Yvan Sautejeau « Pourquoi ? »

2) Guy Le Huludut « La différence »

3) Jean-Marc Chanel « Les Muses, qui le sait »

4) Gérard Bouvier « Pourquoi, un bon matin »

 

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Pourquoi

Pourquoi mes yeux dans les étoiles

quand tu dévoiles tes épaules ?

Pourquoi le vent dans ma grand voile

l'envie de te paraître drôle ?

 

Pourquoi tu te laisses m'inviter

un thé en fond de ton écran ?

Pourquoi tu te laisses embrasser

est-ce juste une question de cran ?

 

Pourquoi le trouble en boomerang,

pourquoi nerveuse tu me harangues

devant la foule 'j'vais être en r'tard' ?

 

Pourquoi encore pourquoi trop tard ?

Toi mon amour à bras le corps,

tu aimes le sud je perds le nord.

      Yvan SAUTEJEAU

 

 

Merci à chaque vers, merci à chaque stance,

Merci à chaque mot, de porter tout un monde

Merci à l'univers, de vivre et en conscience,

Merci pour ce cadeau, j'apprécie chaque seconde.

Merci mon père ma mère, pour votre quintessence,

Merci mes sœurs mes frères, je danse dans votre ronde.

Merci aux pages entières qui remplissent mes silences,

Merci au littéraire qui rend ma vie profonde.

Merci Robert Bigot pour cette récompense,

Merci Thierry Sajat, pour toutes ces bonnes ondes,

Merci à Poaimer, pour sa belle existence

Merci à L’Haÿ-les-Roses, pour son action féconde.

Merci à vous pour l'immense joie qui m'inonde.

     Yvan SAUTEJEAU

 

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Prix Brigitte-Candice et Laurent 3D51, jurés Brigitte Moyon-Dyrek et Laurent Desvoux,

2 responsables du Verbe Poaimer

 

1er prix ex æquo : « Dis-moi, poète » de Philippe Guggiari

et « Vers la cime » de Jean Fauré

3)    « Coquelicots » de Bernard Bösiger

4)    « La partie de cartes » de Stéphane Trannoy

5e ex æquo : Jean-Pierre Pâlissier, Claude Plocieniak, Yvan Sautejeau, Laurent Zimmern, Gérard Bouvier, Florence Desvergnes, Anne-Marie Barbier-Verniengal

 

Vers la cime

-       Pourquoi montes-tu vers l’alpage ?
- Pour trouver la sérénité.
- Pourquoi viendrait-elle y gîter ?
- Pour être au-dessus du nuage.
- Ne va-t-il pas porter l’orage ?
- J’en prends le risque calculé.
- Ne serais-tu obnubilé ?
- Je pense ma démarche sage.
- Vois-tu bien l’effort que tu fais ?
- Je peine et je sue, en effet.
- Pourquoi la joie sur ton visage ?
- Mon plaisir sera assumé.
- Que feras-tu donc au sommet ?
- J’admirerai le paysage.

-        

     Jean FAURE

 

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Dis-moi poète


     Dis-moi poète, comment écrire la poésie ?
Tu dois d’abord, vois-tu, en avoir très envie.
     Je ne rêve qu’en quatrains, respire qu’en métaphores
     Je veux dompter les muses !

Le veux-tu assez fort ?
Elles ne se livrent qu’à ceux qui savent les faire briller.

Fais donc chanter ta plume sur la feuille de papier,

Car cet acte d’amour vainc sa virginité.

L’inspiration me fuit, comment la maitriser ?
     Laisse-moi espérer.
                                     Il n’est jamais trop tard.
     Je ne suis qu’un Trissotin.
                                                Veux-tu être Ronsard ?
     Non, simplement moi-même !
                                                 Voilà un bon départ !
     Vais-je bientôt saisir ces images fugaces,
     Qui à peine entrevues, s’envolent dans l’espace?
Bientôt elles voleront vers les cimes du Parnasse.

 

     Philippe GUGGIARI

 

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Prix spécial Meilleur ensemble francophone :

 

Charly MATHEKIS

 

Avec des dizaines de sonnets dont de nombreux acrostiches, écrits en République Démocratique du Congo :

 

A plume qui danse

 

A l'enfant qui dort, à l'étoile d'or,

 

Petit enfant aux yeux clos dont les rêves,

Le jour comme la nuit, pense aux jeux dans les prés,

Une étoile à tes côtés t'attend pour t'éclairer :

Melpomène lui a donné le nom sacré de Poétesse

Et les hommes, et les femmes, et les animaux sur lui comptent.

 

Quand elle fait jouer sa plume

Une musique s'élève, vous élève :

Il y a, dans ses chants, un air de fête

 

Dors, petit enfant, et rêve

Aux jeux dans les prés, aux étoiles sacrées...

N'oublie pas cependant

Soit d'encourager les poètes, soit d'adhérer au cercle

Exquis des veilleurs qui veillent et éveillent les consciences !

 

9 heures 55, 13 mai 2014 Charly MATHEKIS

 

*

 

Tu n'y manques pas...?   - sonnet dialogue acrostiche

 

-Toi et moi viendrons à ce rendez-vous

 Unique en son genre, en cette année!

 Nous y serons, avec nos plumes et  nos cahiers...

- Y aura-t-il aussi des oiseaux, des chats et des hiboux ?

- Mais oui,  frère, c'est le rendez-vous de toute la nature.

 A vrai dire, ce  sera la fête des retrouvailles, de la renaissance:

 Nous célébrerons les Muses, et aussi les fleurs...

 Qui n'y sera pas physiquement, il va sans dire,

 Une pensée suffit pour qu'on communie avec lui.

 En vérité, nous attendons avec joie cette belle journée

 Si prometteuse, si encourageante

 Pour ceux qui ont fait de l'écriture

 Aussi bien un passe-temps qu'une raison de vivre

-Si le vent  ne déchire pas mon voile, j'y serai physiquement...

 

Charly MATHEKIS

 

    Autre ensemble remarqué : les poèmes et les chansons d’Oswald Kitambala, également de République Démocratique du Congo.

 

    Rendez-vous à tous les poètes en 2015 - avec la parution de notre anthologie Sonnets pour chanteurs et chansons de poètes, où retrouver l’essentiel des poèmes participant aux concours de l’année 14 - et avec nos nouveaux concours pour l’Année Internationale du Sonnet… de 15 vers. A vos plumes, à vos souris et à vos muses…

 

Cordi et poeti à chacun. Laurent Desvoux pour le Verbe Poaimer