Quand le "vingt" est tiré, bien sûr, il faut le boire.

En faire deux poèmes synonyme d'espoir.

Pour répondre au défi lancé par L.D.D.

                                            Font suite deux poèmes pondus par J.P.P :

 

 

                                                                  Lettre ouverte au  Père Noël

 

Petit Papa Noël, cette fois c’est décidé,

Je vais, mauvaise nouvelle, te priver de cheminée.

Chaque fois que tu y passes, tu entraînes  avec toi,

Un vrai déluge de crasse, une vraie Bérézina.

La vue de cette suie noire, sur ma moquette rose,

Me colle le cafard et cela m’indispose.

Petit Papa Noël, pourtant rassure-toi,

Ma  porte demeure ouverte, et ne fermera pas.

Il  te faudra quand même, ultime précaution,

Bien essuyer tes bottes, sur mon rude paillasson.

Puis prendre les patins, pour venir déposer,

Au pied de mon sapin, mes cadeaux préférés.

Vois-tu Papa Noël, inutile de le nier,

Ce Vingt et unième siècle, il faut t’y adapter.

D’ailleurs l’année prochaine, je passerai  commande,

Sur le site Internet, « Noël si ça vous tente ! ».

Tu n’auras même plus,  besoin de te  geler,

A ton âge, le chômage, va enfin te frapper.

Alors Papa Noël,  tu vas pouvoir enfin,

A la Mama Noël, faire le plein de câlins.

J.P.P.

                                                    (Je passe le Porc-épic) à défaut du hérisson

 

*

 

NEIGE ET PLANCHES

 

Ces flocons qui volètent ne sont qu’heureux prémices

A ce qui deviendra, très bientôt, une piste.

Les amoureux du ski les guettent patiemment

Tant l’espoir de la glisse se fond dans l’air du temps.

 

Ces flocons qui volètent ne peuvent qu’inquiéter

Ceux dont le logement s’apparente au passé.

Leur abri fait de planches et de tôle ondulée,

Sous le poids de la neige risque de s’effondrer.

 

En hiver chaque année, un long flux migratoire

S’ébranle des cités vers les stations notoires.

Deux planches sur le toit, fixées à la galerie,

Indiquent l’appartenance à la caste du ski.

 

En hiver chaque année, aux confins des cités

Poussent les abris précaires liés à la pauvreté.

Deux planches sur le toit n’ont, hélas, pour mobile,

Que de rigidifier ces branlants bidonvilles.

 

Slalomer sur deux planches, c’est la félicité.

S’abriter sous deux planches, c’est la précarité.

Le mot « Planche » est un mot délicat à l’emploi,

Entraînant  suffisance ou profond désarroi !

 

J.P.P.

(J’ai Pris la Porte en Pleine Poire)*

 

*Pourquoi J.P.P.P.P. ? Parce qu’il s’agissait d’un slalom parallèle, eh, banane !