REMERCIEMENTS POAIMEZ-VOUS EN 2011
 
   Au nom de l’Association du Verbe Poaimer, que nous avons créée il y a vingt ans avec Brigitte Moyon-Dyrek, je vous remercie d’être venus nombreux à cette remise des prix les “Poaimez-vous en 2011”.  Cette année nous avons obtenu que cette proclamation des prix se fasse, toujours au Moulin de la Bièvre, dans sa partie consacrée au patrimoine, dans le cadre prestigieux du Salon du Livre de L’Haÿ-les-Roses en sa quatrième édition qui nous invite à savourer les mets et les mots et nous remercions sa créatrice Anne d’Hervé de bien vouloir nous accueillir.
    Cette année deux catégories sont illustrées avec pour la deuxième année consécutive les prix François Dyrek et Rouben Mélik de la Ville de L’Haÿ-les-Roses. Je remercie la Maison des Associations Culturelles de L’Haÿ-les-Roses d’avoir bien voulu accepter cette année de financer nos prix à la hauteur de 600 euros, comme elle le faisait il y a quelques années déjà. Dans un esprit d’inter-associativité, la MAC a accepté en plus d’offrir aux poètes ici présents un cédé musical du Hot Jazz Club de L’Haÿ-les-Roses, cédé réalisé par la MAC. La Compagnie Théâtrale du Moulin, représentée par sa présidente Francine Michiels, a bien voulu participer à la lecture des poèmes primés, nous l’en remercions.
   Les familles Dyrek et Mélik ont bien voulu s’associer aux prix concernant chacun une personnalité de L’Haÿ-les-Roses, deux personnalités disparues mais qui ont une actualité par les hommages qu’elles ont reçu en septembre en une coïncidence heureuse.
      A la Journée du Patrimoine le 18 septembre, L’Haÿ-les-Roses rendait un hommage au comédien François Dyrek avec l’inauguration du Bateau-ville qu’il avait reçu du Café de la Gare, le célèbre café théâtre parisien où il avait participé à bien des spectacles, un bateau que la famille Dyrek a offert à la ville dès l’an 2000 et qui a été inauguré pour son nouvel emplacement, son dernier port d’attache, l’Auditorium Dispan de Floran où vous pouvez l’admirer en vous rendant aux spectacles.
     Le 20 septembre la ville de Paris rendait un hommage au poète et résistant Rouben Mélik par l’inauguration d’une plaque apposée sur l’immeuble de la rue du 18e arrondissement où il est né.
     Les familles Dyrek et Mélik ont accepté de participer aux jury des deux prix : Nathalie et Séda Mélik, les filles du poètes, Thierry et Gilles Dyrek, deux des fils du comédien. Qu’ils en soient remerciés comme les quatre autres membres des deux jurys de cette année ; pour le prix Rouben Mélik, Alain Duault, le célèbre musicologue qui est aussi poète et romancier, Marc Desombre, poète édité notamment aux éditions Du Cheyne, pour le prix François Dyrek, Robert Bigot, poète et romancier pour la jeunesse qui a connu le comédien alors dans des études de chimie, Claude Mann, comédien et metteur en scène, créateur et animateur du Théâtre François Dyrek à Joinville le Pont, le théâtre François Dyrek, dont la programmation comporte notamment des spectacles de poésie.
    Grand merci et grand bravo aux 30 participants pour l’ensemble des deux prix, qui ont envoyé un total de 73 poèmes, poèmes composés ou recomposés pour la circonstance après un travail exigent sur nos « contraintes souples ». Les 25 ballades reçues « Ballades en faveur de… » sont parvenues au jury, et parmi les 48 poèmes de « ça suit son cours la Terre », au minimum un poème par poète a été présenté au jury. Notre concours est francophone et présenté sur la Toile, nous avons des participants du Val-de-Marne et des quatre coins de la France, nous avons reçu trois poèmes d’Afrique, un poème d’un Français travaillant en Afrique et des poèmes de deux poètes africains du Rwanda et de la République du Congo.
     Le palmarès est riche de retrouvailles avec des poètes qui ont déjà remporté de nos prix par le passé, parmi les participants figurent en quelque sorte 8 champions olympiques des Poaimez-vous pour avoir remporté l’or poétique dans l’histoire de nos concours. Je rappelle simplement que les 2 jurys ont oeuvré séparément, dans l’anonymat complet des textes, les poèmes ont été tous notés sur 400 points, 100 points possibles par jury, pour l’anecdote un même poème s’est vu attribuer la moins bonne note de 10 points et la note maximale de 100 points, mais cela est exceptionnel et tient sans doute à la brièveté de ses vers originaux. Dans chaque catégorie le poème arrivé en tête a reçu une moyenne de 84 points par juré.
      Rappelons que chaque poète présent aujourd’hui pourra repartir avec un cédé musical de la MAC aux couleurs du jazz et que bien des poèmes des deux catégories se retrouveront dans la revue “Jeux d’Epreuves” que Brigitte Moyon-Dyrek a relancée depuis 2009 et qu’elle co-anime. Les poèmes se retrouveront amplement dans nos deux prochaines anthologies collectives, à la suite des Acrostiches de la Liberté en 2010 et des Rondeaux de la paix cette année, Les Huitains de nos fêtes étant programmés pour décembre 2011 et A bord du Bateau-ville pour décembre 2012.
     Maintenant place au palmarès que vous avez hâte de découvrir.
 
Texte t656 Laurent Desvoux
 
*

 

BALLADE EN FAVEUR…

LES « POAIMEZ-VOUS EN 2011 » PRIX FRANCOIS DYREK

 

Palmarès 2011

 

Les jurés dans l’ordre alphabétique :

Robert BIGOT, Gilles DYREK, Thierry DYREK, Claude MANN

 

PODIUM

Poaimez-vous d’or En faveur de la Paix sur terre :  Florence DESVERGNES (84/juré)

Poaimez-vous d’argent Ballade en faveur des petites choses :  André MARTY (80/j)
Poaimez-vous de bronze En faveur d’un brin de folie :  Gérard BOUVIER (77/j)
 
4e AU 12e
4) En faveur de la Terre entière :  Emmanuel BERLAND (75/j)

5) C’est le plus beau métier du monde :  Florence DESVERGNES

6) Ballade « le roi est nu ! » :  Bernard BÖSIGER

7) Ballade en faveur de nos cœurs blessés :  Jean-Marc CHANEL

8) Liberté 1944 : Eliane ZUNINO-GÉRARD

9) La ballade des ennemis d’hier :  Estelle CABY

10) La ballade des faveurs :  Florence DESVERGNES

11) Mes deux pieds dans mes sabots :  Dominique-Marie GIBAUD

12) Ballade en faveur de l’imaginaire :  Georges FRIEDENKRAFT (66/j)

 

FINALISTES (non classés, ordre alphabétique)

Ballade du vin nouveau Bernard BÖSIGER

Poème à un ami terrien : Marie-Paule CHARLES

Quand nous verrons… : Gilbert CRISTOL

L’Odyssée homérique : Hervé DONJON

Les liens naturels : Hervé DONJON

Ces enfants, nos enfants : Mathe KISUGHU

Un appel : Oswald KITAMBALA

En faveur d’un monde solidaire : Béatrix LABONDE-DÉSOLNEUX

Ballade en faveur des êtres perdus : Louisette LAINE

En faveur… des vertus de la démocratie : Mathilde-Nelly LÉVY
Nous ne savons… :  André MARTY

S’il fallait :  Jean-Pierre PALISSIER

Dieu… :  Marie-France REUSE

 
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LES « POAIMEZ-VOUS EN 2011 » ÇA SUIT SON COURS LA TERRE

PRIX ROUBEN MÉLIK

 

Jurés dans l’ordre alphabétique :

Marc DESOMBRE, Alain DUAULT, Nathalie MÉLIK, Séda MÉLIK

 

PODIUM

Poaimez-vous d’or Instantané Florence DESVERGNES (84 points par juré)
Poaimez-vous d’argent 
La jeune fille à la robe blanche Marie-Paule CHARLES (71/j)

Poaimez-vous de bronze Petite bleue  Christian BLED(67/j)


4e AU 12e

 Le secret de la poupée Monique COUDERT

Sans s’occuper du reste Gérard BOUVIER
 « Ça suit son cours le fleuve… » Jean-Marc CHANEL

A l’école des adultes Thierry BATT
  Ca suit…et comme une idée Florence DESVERGNES
Monts et merveilles Dominique-Marie GIBAUD
« Aujourd’hui  comme hier… » Jean-Marc CHANEL

« Ça fluctue ça varie… » Pierre LEBLANC

Douceur du temps Marie-Paule CHARLES (58/j)

 

FINALISTES (non classés, ordre alphabétique)

Ami, ça suit… Monique BERTHAUD
…N’y a t-t-il rien à faire…Jean-Marc CHANEL
Vents de folie Paulette COURTIN
Et pourtant elle tourne Gilbert CRISTOL

La Ritournelle Claude CROUZILLAT
La terre, ses bruits… Hervé DONJON
Voyageur Dominique-Marie GIBAUD
Changer la Terre Mathe KISUGHU
Destin Oswald KITAMBALA
Colère Jean-Marie KONN-KONN
La Terre Louisette LAINE
Elle tourne… Mathilde-Nelly LEVY
Le bois boit André MARTY 181A25  

Du ballet de la Terre Mathias MORONVALLE
En dehors… Jean-Pierre PALISSIER
Je regarde… Marie-France REUSE
Et tourne et tourne Virginie TOURNEBIZE
Huitième jour Divin Alain VIROT
Cri solitaire Eliane ZUNINO-GÉRARD

*

 

REMERCIEMENTS PRIX FRANCOIS DYREK

 

Du fond de ma Lozère,

D’ici jusqu’à l’Haÿ

Je vous écris ces vers

Pour vous dire merci.

 

« Je n’en crois pas mes verres »

Me dis-je en lisant

Le mot du bon Laurent

Sur l’écran ordinaire.

 

Ce n’est pas la première

Puisqu’il y a treize ans

J’eus le grand privilège

D’un prix également.

 

A l’occasion de la remise de ce prix, Monsieur François Dyrek en personne

 vint me féliciter. Je fus très touché de cette attention.

 

Aussi je suis très fier

Pourquoi ne l’être pas ?

Qu’en si bonne manière

On juge bon mon cas.

 

Du fond de ma Lozère

Je vous redis merci

En vous souhaitant « Bon air »

A l’Haÿ comme ici.

 

                  André MARTY

 

*

 

  REMERCIEMENTS PRIX ROUBEN MÉLIK

 

Mesdames, Messieurs

 

    Poaimer à l'Haÿ-les-Roses, voici des mots doux à l'oreille qui ne peuvent qu'inciter le rimailleur que je suis à participer au concours de cette association.

    Cette année le thème de la terre, notre terre porteuse et nourricière qui mériterait un peu plus notre respect m'a particulièrement inspiré. Je remercie le jury de m'avoir attribué le "poaimez-vous de bronze"

 

Voici bientôt 10 ans que je participe à ce concours et j'ai déjà reçu un poaimez-vous d'argent. Il me reste à persévérer pour conquérir le "graal" le poaimez-vous d'or.

 

Je ne peux être présent parmi vous aujourd'hui mais sachez que je le suis par la pensée.

 

Je vous envoie une bouffée d'air marin de la région de Rochefort et vous adresse mes cordiales salutations. 

 

Christian BLED

 

*

 

Poaimez-vous de bronze 2011 Prix François Dyrek :

 

En faveur d’un brin de folie

 

D’abord, 

Qui veut un lot de convenances

Pitoyable corpus d’ennui

Mais efficace sauf-conduit

Rompu à toute circonstance ?

Je cède cette panoplie

Vierge de toute impertinence

Pour témoignage d’allégeance

En faveur d’un brin de folie

Ensuite, 

Je lègue ma part de croissance

Soit un point un point et demi

Aux chantres de l’économie

Pour prix de mon obsolescence

Fatigué de leurs homélies

Je choisis l’autosuffisance

Pour témoignage d’allégeance

En faveur d’un brin de folie

 

Enfin, 

Je suggère à l’omnipotence

Des membres de l’Académie

De réveiller la pétulance

D’une Belle encore endormie

A cette fin je les supplie

De condamner la « gravescence »

Pour témoignage d’allégeance

En faveur d’un brin de folie

 

 

Gérard BOUVIER

 

*

 

Poaimez-vous d’argent 2011 Prix François Dyrek :

 

Ballade en faveur des petites choses

 

Un nouveau jour vaut une vie,

Trois petites notes, une chanson,

Un beau matin fait la saison,

Le soir qui tombe, une accalmie.

Un sourire nous dit l’espoir,

Le regard clair est ce miroir.

J’adhère aujourd’hui et j’ose

En faveur des petites choses.

 

Une lampe vaut mille feux,

Une île crée un océan,

Une source vaut tant et mieux

Que la somme des éléments.

Une parole vaut discours

Le beau poème ouvre le jour

Qui fera naître mille proses

En faveur des petites choses.

 

Le cœur bon vaut tant que jouvence,

Un bâton vaut toute assurance.

Chemin dur ignore vitesse,

Le phare dit mille promesses.

L’enfant surpasse les parents,

Le peuple égale les plus grands.

Lors, engageons-nous pour la cause

En faveur des petites choses.

 

André MARTY

 

*

 

Poaimez-vous d’or 2011 Prix François Dyrek :

 

En faveur de la Paix sur terre

 

Cerné d’étoiles meurtrières

En vain j’ai recherché le nord

Le chant obscur des cantinières

Déclinait la douceur du port

Partout où m’amenait le sort

Le sang est rouge sur le sable

Pour ne plus gâcher ce trésor

En faveur de l’abominable

 

Mais les parques sont carnassières

J’ai maudit les étoiles d’or

Serrant mes bandes molletières

Le café est chaud, le froid mord

Sur le talus, un ami mort

Tu pleures, coudes sur la table

Tes larmes sur ta lettre, dors

En faveur de l’inconcevable

 

On m’a dit éteins les lumières

Plus de tabac en réconfort

Balles ne sont pas cocardières

Elles n’ont jamais choisi leur bord

Et j’ai serré les dents plus fort

Dans ce concert insupportable

Chantant tes mots comme un accord

En faveur de l’inaliénable

 

Florence DESVERGNES

 

*

 

Poaimez-vous de bronze 2011 Prix Rouben Mélik :

 

Petite bleue

 

-  Vous le grand horloger du système solaire,

Dites-moi, ô Soleil, ça suit son cours la Terre ?

 

- Cette petite bleue, depuis qu’elle fait la vie,

A semé dans l’azur comme un grain de folie.

Elle abrite chez elle d’étranges créatures,

Pour qui faire la bombe est seconde nature.

 

Bien sûr, il suffirait que je chauffe un peu plus

Afin de mettre à l’ordre tous ces olibrius.

Mais avant d’infliger l’ultime punition,

Je souhaite voir où mène pareille évolution.

 

Les Terriens seront-ils maîtres de l’univers ?

Ils ont conquis la Lune et sondé Jupiter.

Le vieil astre humilié en a perdu la boule,

Il tonne à chaque tour de sa voix rauque et sourde :

« SILENCE, on tourne ! » 

 

Christian BLED

 

*

 

Poaimez-vous d’argent 2011 Prix Rouben Mélik :

 

La jeune fille à la robe blanche

 

(d’après le tableau d’Edward Hopper)

 

Immobile

Dans la chaleur tiède du matin

Vêtue d’une robe blanche en satin

Elle attend

Un imperceptible souffle de vent moite

A dévié un pan de sa jupe à droite

Indifférente

Devant la route vide jusqu’à l’horizon

Qui déchire la terre sèche en cette saison

Elle attend

Dans une minute, dans une heure

Quand dans un flot jaune de poussière

Arrivera, vrombissante, une puissante automobile

Sans adieux et sans larmes, elle partira en ville

Insolente

La vie, ça suit son cours. Violente

 

Marie-Paule CHARLES

 

*

 

Poaimez-vous d’or 2011 Prix Rouben Mélik :

 

Instantané  

Le visage du temps s’est penché vers son livre

La nuit dans ses replis a caché des moments

Qui battent au gré du vent. Les pages des romans

Se tournent toutes seules et comme un moulin ivre

 

La lune s’est masquée d’un grand poêlon de cuivre

C’est l’heure où tout est rare et l’heure des amants

Une araignée repue tisse des filaments

Pour sculpter au matin une rosée de givre

 

Ça suit son cours la terre, il faut tenter de vivre

Et si l’éternité ne dure qu’un instant

Quand le temps est pendu au souffle du présent

Je m’accroche à la barre au fond du bateau ivre

 

Florence DESVERGNES