DISCOURS POUR LE PALMARES DES « POAIMEZ-VOUS EN 2010 » DU SAMEDI 13 NOVEMBRE.

par Laurent Desvoux, Président du Verbe Poaimer

 

     Nous fêtons dans les mois à venir les 20 ans de l’association. L’Association du Verbe Poaimer a été créée en effet en 1991 avec dès le départ Brigitte Moyon, future Brigitte Moyon-Dyrek comme secrétaire, Thierry Dyrek comme comptable et moi-même, Laurent Desvoux-Dyrek comme Président. L’objectif de l’Association est la défense et l’illustration de la poésie en mettant en avant des jeux de plume inédits, pour des formes poétiques retrouvées, renouvelées ou inventées.

     On a repris cette année nos concours de poésie en renouvelant notre prix François Dyrek du nom du comédien de L’Haÿ qui avait le goût des beaux textes et notamment des poèmes qu’il apprenait par cœur et disait dans des occasions de fêtes. Pour notre association il interpréta plusieurs chansons poétiques dont il avait créé la musique, dont la chanson « Le calendrier du nouvel an » de Brigitte à l’Auditorium de L’Haÿ. Nous saluons sa femme Annie Dyrek qui a initié et anime le café-philo de L’Haÿ-les-Roses.

     Nous créons aussi cette année le prix Rouben Melik, un poète de L’Haÿ, qui était un auteur humaniste et qui avait participé à la Résistance. Il avait intégré le chant de toile des chansons arméniennes entendues dans son enfance au chant élaboré des poèmes français. Sa dernière anthologie s’intitulait En pays partagé. Après sa disparition en 2007, sa famille, lors d’une exposition consacrée au poète avec des sculptures de sa femme Ella, leurs deux filles Nathalie et Séda ont publiquement exprimé le vœu qu’un prix de la ville de L’Haÿ-les-Roses honore la mémoire du poète. L’Association du Verbe Poaimer a entendu cet appel et y répond, cette année notre association prend en charge à cent pour cent le financement des prix François Dyrek et Rouben Melik. Dès l’an prochain nous espérons bien que la municipalité de L’Haÿ-les-Roses nous accordera une subvention pour financer ces prix, et donner plus de visibilité et d’audience encore à nos concours. Le Maire nous a engagés à ne pas hésiter à lui rendre une visite pour lui en parler et nous enverrons une petite délégation.

    Nous avons reçu des poèmes de la France entière, et des participations de Belgique et d’Italie. Chaque participant pouvait envoyer jusqu’à trois poèmes par prix. Nous avons reçu un total de 94 poèmes inédits pour les deux prix avec 44 participants. Une présélection des textes a été effectuée. Les textes ont été rendus anonymes et envoyés par voie électronique à deux jurys de quatre jurés chacun. Les jurés sont des auteurs ou artistes ou des membres des familles de François Dyrek et de Rouben Melik en dehors de la Secrétaire et du Président. On y trouve outre Nathalie, Séda et Thierry déjà cités, le poète et romancier Robert Bigot qui a été en classe avec François Dyrek, l’acteur Claude Mann qui a créé le théâtre François Dyrek à Joinville-le-Pont et retenu ce jour pour les derniers préparatifs d’un spectacle qui y a lieu ce soir, le poète Marc Desombre, le romancier Jean-Michel Guenassia, prix Goncourt des Lycéens 2009 pour Le Club des incorrigibles optimistes, Hubert Gabet qui fournit des entretiens à notre revue « Jeux d’Epreuves ».

     Les jurés devaient apporter à chaque poème une note sur cent, les notes ont été cumulées, les poèmes recevant le plus de points constituent deux podiums pour les « Poaimez-vous » d’or, d’argent et de bronze 500 euros de prix au total. Une anthologie va voir le jour au tournant des deux années qui comportera des poèmes de la farandole des rondeaux de la paix et un grand nombre de poèmes reçus pour le prix François Dyrek. D’autres anthologies suivront.

    Nous remercions les poètes d’avoir joué le jeu de trouver un poème dont le titre est une question pour le prix François Dyrek ou d’avoir repris l’amorce chère à Rouben Melik « Ça suit son cours » en ajoutant le mot thème « la ville ». Certains poètes nous font l’amitié de participer depuis plusieurs reprises, d’autres ont découvert nos invitations à l’écriture. Nous remercions les huit jurés d’avoir pris de leur temps pour lire les poèmes et nous signaler leurs préférences par le biais de la notation. Entre deux des lauréats le prix s’est joué à un seul point d’écart sur quatre cents points possible, soit l’équivalent d’un millième de seconde sur un cent mètres.

     Nous remercions aussi pour leur participation à cette remise des prix les associations « La Compagnie Théâtrale du Moulin » et « La Compagnie Vincent Philippe ». Elles ont accepté de pratiquer l’inter-associativité entre associations membres de la Maison des Associations Culturelles qui nous accueille ici au Moulin de la Bièvre, avec Thomas présent sur le site. Merci à la Présidente de la Compagnie Théâtrale du Moulin Francine Michiels, qui s’associe régulièrement à nos actions, merci à Irène Joab, qui revient tout juste de Kinshasa après un long trajet en avion et qui nous a déjà gratifié de ses lectures lors de nos spectacles ou remises, merci à une comdienne-lectrice Monique Choudey depuis longtemps dans cette compagnie et merci à la plus belle voix musicale de ce début de siècle sur L’Haÿ, Philippe Daverat, qui interprétera entre les deux remises de prix des chansons de poètes à la guitare, des hommages à des poètes d’hier ou d’aujourd’hui. Et l’Association Cinamat, une association culturelle pionnière à L’Haÿ, a dépêché l’un de ses photographes, Monsieur Guy Delalande, neveu du fondateur il y a plus de cinquante ans.

    Merci à Brigitte Moyon-Dyrek qui en tant que secrétaire a contribué largement à la conception, préparation, organisation  de cette cérémonie, merci à elle aussi pour la relance avec talent de la revue Jeux d’Epreuves et pour les préfaces de nos anthologies comme la dernière en date Les Acrostiches de la liberté, disponible dans ce lieu même. Merci à tous ceux qui ont participé à l’accueil comme Danielle et Hervé, de notre association.

     Il est grand temps d’écouter les résultats de nos concours, nous allons entendre le classement en remontant des poèmes encore en course pour nos anthologies aux poèmes arrivés avec plus de deux cents points jusqu’au podium de bronze, d’argent puis d’or pour ménager le suspense. Les poètes cités à ce moment-là recevront un livre de poésie à choisir sur cette table et pour les trois gagnants une enveloppe avec un chèque du Verbe Poaimer.

     Les poètes de l’assistance à la fin des palmarès pourront lire s’ils le souhaitent un de leurs poèmes participants, et s’il nous reste du temps, nous écouterons au minimum Daniel l’un de nos adhérents des primes heures - la plus belle des récompenses à un concours de poésie est d’avoir écrit le poème et le poème en lui-même et de l’offrir en partage – et, soûlés de beaux vers, nous pourrons boire le verre de l’amitié.

 

Texte t164 en Île-de-France en novembre 2010.